السلطة الرابعة

rédacteur en chef du journal Al-Yawm Al-Sabaa Al-MaghribiyaDr Ezzat Elgammal écrit: Les fantômes des Frères musulmans : le peuple doit-il avoir peur du passé pour oublier les problèmes du présent ?

Il est temps de poser les questions que beaucoup préfèrent éviter.Pourquoi le spectre des Frères musulmans revient-il constamment dans le discours politique et médiatique égyptien, alors que les préoccupations quotidiennes des citoyens sont ailleurs : la hausse des prix, le coût de la vie, la dette, les revenus et l’avenir de leurs enfants ?Je ne défends pas les Frères musulmans.Je ne demande pas leur retour au pouvoir.Je ne justifie aucune violence, aucun crime et aucune violation de la loi.Mais je pose une question politique et médiatique légitime :La peur des Frères musulmans est-elle devenue un instrument permettant de détourner l’attention du peuple des difficultés économiques et sociales qu’il vit aujourd’hui ?Je ne présente pas cette hypothèse comme un fait établi. Je pose la question parce que le débat public mérite mieux que des réponses toutes faites.Une conférence aux Pays-Bas ne menace pas un ÉtatUne conférence de l’opposition égyptienne s’est tenue aux Pays-Bas en septembre 2026. Des médias égyptiens ont présenté cet événement comme lié aux Frères musulmans et comme une initiative dirigée contre l’État égyptien.Mais posons-nous calmement la question :

Une conférence organisée en Europe peut-elle réellement menacer un État comme l’Égypte ?L’Égypte dispose d’une armée, d’institutions, de services de sécurité, d’un appareil judiciaire et d’un État profondément enraciné.Alors pourquoi donner à une réunion politique organisée à l’étranger une telle dimension dans le discours médiatique national ?Est-ce parce que cette conférence représente réellement une menace ?Ou bien parce que son traitement médiatique lui donne une importance supérieure à son poids politique réel ?Si les Frères musulmans sont faibles, pourquoi leur consacrer autant d’attention ?Voilà la contradiction.Si les Frères musulmans ont perdu le pouvoir depuis 2013, si une grande partie de leurs dirigeants ont été arrêtés ou poursuivis en Égypte et si leur présence politique intérieure est fortement limitée, pourquoi leur nom continue-t-il d’occuper autant d’espace ?Pourquoi le fantôme ne disparaît-il jamais ?À mon avis, le problème mérite d’être examiné sous un autre angle.Lorsqu’un adversaire politique devient un « fantôme permanent », son nom peut être utilisé pour expliquer toutes sortes de crises et pour ramener constamment le débat vers le passé.Et lorsque le débat revient sans cesse vers le passé, une question essentielle risque de disparaître :Que se passe-t-il aujourd’hui ?Le citoyen égyptien veut parler de sa vieLe citoyen qui entre dans un marché ne demande pas qui a organisé une conférence à La Haye.Il demande :Pourquoi les prix augmentent-ils ?Le père qui cherche un emploi pour son fils demande :Où est l’avenir ?La famille qui peine à payer ses dépenses demande :Comment allons-nous vivre demain ?Et celui qui entend parler de dette demande légitimement :Quelle est la stratégie de l’État pour la gérer ?Ce sont là les questions essentielles.Le citoyen ne peut pas payer son loyer avec des discours politiques.

Il ne peut pas remplir son panier avec des accusations contre l’opposition.Et il ne peut pas résoudre ses difficultés économiques en ayant simplement peur du passé.Ne transformons pas chaque critique en menaceTous les opposants ne sont pas des Frères musulmans.Toute critique du gouvernement n’est pas une conspiration.Tout citoyen mécontent de la hausse des prix ne cherche pas à renverser l’État.Et toute personne qui pose une question sur la dette ne travaille pas pour une puissance étrangère.La critique politique n’est pas nécessairement une menace pour l’État.Si une personne commet un crime, qu’elle soit jugée selon la loi.Si un financement illégal est découvert, qu’il soit poursuivi.Si une véritable conspiration est établie, que les preuves soient présentées.Mais il ne faut pas transformer chaque question en affaire sécuritaire.Le véritable danger : que le citoyen oublie de poser les bonnes questionsLe véritable danger n’est peut-être pas le retour des Frères musulmans.Le véritable danger serait que le débat national cesse de parler des problèmes qui touchent directement la vie des citoyens.Car si les écrans parlent pendant des heures des Frères musulmans, le citoyen peut finir par oublier de demander :Et les prix ?Et la dette ?Et le pouvoir d’achat ?Et les emplois ?Et l’avenir des jeunes ?Voilà les questions auxquelles tout gouvernement doit répondre.À l’État égyptien : la force ne se mesure pas à la peurUn État fort n’a pas besoin que son peuple ait peur.Un État fort peut dire à ses citoyens :Posez vos questions.Critiquez.Discutez.Demandez des comptes.Et nous vous répondrons par des chiffres, des programmes et des résultats.La force d’un État ne consiste pas seulement à combattre ses adversaires.Elle consiste aussi à convaincre ses citoyens que leur avenir est entre de bonnes mains.

À l الإعلام égyptien : le peuple n’est pas naïfLes médias égyptiens doivent comprendre une chose :Le peuple égyptien n’est pas naïf.Il connaît son histoire.Il sait ce qui s’est passé en 2011.Il sait ce qui s’est passé en 2013.Il connaît l’expérience des Frères musulmans au pouvoir.Mais il veut désormais parler de 2026.Il veut parler de 2030.Il veut parler de l’avenir.Il veut savoir comment son pays va relever ses défis économiques.Le peuple ne demande pas seulement de savoir de qui il doit avoir peur. Il demande de savoir comment il va vivre.Un message au président Abdel Fattah Al-SissiMonsieur le Président,Si l’État égyptien est suffisamment fort pour faire face à ses adversaires, alors il est temps de permettre au débat national de sortir progressivement du cercle permanent de 2011 et 2013.L’Égypte ne peut pas rester prisonnière de son passé.L’Égypte doit parler de son avenir.Et l’avenir ne se construit pas avec la peur.Il se construit avec l’économie, l’investissement, la production, l’emploi, l’éducation, la justice et la confiance du citoyen.À l’opposition égalementMon message ne s’adresse pas uniquement au gouvernement.Il s’adresse aussi à l’opposition égyptienne à l’étranger.Ne transformez pas les souffrances économiques du peuple en carburant pour vos combats politiques.Ne promettez pas des miracles.Présentez des programmes.Présentez des chiffres.Présentez des solutions.L’Égypte n’appartient ni au gouvernement, ni à l’opposition, ni aux Frères musulmans.L’Égypte appartient au peuple égyptien.Assez de fantômesIl est temps de sortir de la politique de la peur.Si les Frères musulmans représentent une menace réelle, que l’État la démontre par des faits et des preuves.S’il existe une violation de la loi, que la loi s’applique.Mais si le problème est économique, alors parlons d’économie.Si le problème est la dette, parlons de dette.Si le problème est le pouvoir d’achat, parlons du pouvoir d’achat.Si le problème est le chômage, parlons de l’emploi.Ne demandez pas au citoyen d’oublier son panier de courses parce qu’un événement politique a eu lieu à La Haye.Ne demandez pas à une famille qui souffre de ses dépenses quotidiennes d’avoir peur d’un fantôme politique.Les fantômes ne font pas baisser les prix.Les fantômes ne remboursent pas les dettes.Les fantômes ne créent pas d’emplois.Et les fantômes ne construisent pas l’avenir.L’Égypte a besoin de vérité, pas de fantômes.Elle a besoin d’espoir fondé sur des résultats, pas d’une peur permanente du passé.

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